Le bourg de Saint-Auvent, de son promontoire abrupt domine les vallées sauvages,
encaissées et sinueuses du Gorret et de la Gorre où fleurissent genêts, jacinthes,
pervenches et bruyères.
Les vestiges trouvés dans la forêt de Saint-Auvent manifestent que l'installation de
l'homme sur les terres auventaises remonte à la période néolithique, comme en
témoigne le grand dolmen de « Chez-Moutaud », avec sa table de 4,90m sur
4,40m et ses deux menhirs.
Le plateau de Saint-Auvent fut occupé par un oppidum gaulois, puis romain.
La seule voie d'accès venait du Sud-Est, actuellement la D.58, sur une ligne de
crête. Le nom du hameau de La Pouge atteste de l’ancienneté de cette voie :
Pouge, de l’occitan limousin poja, vient latin podia, qui signifie chemin de crête.
Cette place forte était située à proximité de la Via Agrippa. Elle accède au plateau
par l'est au pont et moulin de Lascaux pour desservir un peu plus haut Saint-
Auvent en passant par la Fontaine des Murs.
Saint-Auvent était une ville d'une certaine importance où ont été retrouvés des
sarcophages. Les différentes voies d'accès pavées sont bien conservées, et leurs
ponts jalonnées de bornes et monuments funéraires : un cippe se trouve à gauche
de l'escalier de l'église. On a aussi découvert les vestiges d’une villa gallo-romaine
à la Belleménie. Fondations et mosaïques sont exposées au Musée de
Rochechouart.
En quittant le plateau, la « lemovicienne », voie de Limoges à Saintes, partie de la
Via Agrippa, descendait jusqu'au Planchat passant par le confluent du Gorret et
de la Gorre. Elle quittait ensuite la vallée et traversait la forêt de Saint-Auvent et de
Rochechouart pour se diriger vers Chassenon.
C'est à "Romevieille", ancien nom de Saint-Auvent, que s’installa l’évêque
Audentius, lors de son retour de Saint-Jacques-de-Compostelle. Après son décès
il fut canonisé et sa tombe devint le but d’un pèlerinage. La petite cité qui reçu
alors le nom du saint ermite. |